Zende, inventeur de son propre style, ne doit ses sources d'inspiration qu'à sa culture, si persane dans ses fondements, si intense dans son exil.
Sa peinture ressemble à sa propre vie. Il y raconte l'histoire de la Perse, ses invasions et les destructions qui ont suivi. Il accomplit, par l'intermédiaire de ses œuvres, une sorte de retour au pays –virtuel-, un pèlerinage incessant, un cycle départ-retour sans fin.
Zende se sert de la calligraphie uniquement pour sa forme, pour sa gestuelle. C'est ainsi que, sous l'apparence d'une écriture qui paraît traditionnelle au profane, il crée une inscription illisible, une simple formulation plastique de cette écriture, sans respect pour les règles strictes de la calligraphie -art séculaire-, sans respect non plus pour la signification des mots, purifiant donc le signe de tout sens, le sublimant.
Zende, le poète, l'amoureux de la poésie, puise dans la littérature classique persane pour choisir des vers qu'il apprécie spécialement, mais également dans ses propres textes et, à l'instar des peintres chinois, les insère dans ses œuvres. Là aussi il joue de ses talents de plasticien, et les rend très difficiles à déchiffrer : étirements, coloration, dorure, tout est bon pour nous mystifier.